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Entretien avec S.E. Dr. Oly Ilunga Kalenga, Ministre de la Santé Publique : République Démocratique du Congo et Mécanisme de Financement Mondial

Comment le GFF aide-il la santé des régions de la RDC et les objectifs plus larges de développement ?

D’abord, l’élément le plus important dans les objectifs de santé et les objectifs de développement c’est justement d’essayer d’arriver à une couverture sanitaire universelle, c’est-à-dire améliorer l’accès de la population à la fois à des soins de qualité et à une accessibilité financière. L’avantage du GFF c’est qu’il se permet de déterminer d’abord quelles sont les régions prioritaires et, au sein de ces régions, quelles sont les actions prioritaires à entreprendre si on veut changer les indicateurs de santé. Et il est clair que la priorité pour améliorer les indicateurs de santé c’est la santé de la mère, de l’enfant, et de l’adolescent, ainsi que la santé de la reproduction. Un des éléments importants du GFF est qu’il indique bien le fait que, si l’on veut vraiment atteindre ces résultats, il va falloir qu’il y ait un alignement de tous les acteurs dans le secteur de la santé sur la vision du gouvernement. Tous les acteurs qui arrivent doivent en effet mettre en commun leurs moyens et ces moyens doivent être alignés pour se focaliser sur les actions prioritaires pour essayer de changer les indicateurs de santé.

A votre avis, quelle est la chose la plus importante que le GFF a contribué en RDC ?

Alors, la principale contribution du GFF en RDC c’est justement d’arriver à l’alignement de tous les partenaires dans la dynamique du contrat unique. Le but du contrat unique est réellement d’essayer d’aligner tous les acteurs actifs dans une même province afin de mettre en œuvre le plan gouvernemental, la vision gouvernementale. Donc, c’est en fait un élément qui permet d’accélérer à la fois la mise en œuvre du plan du gouvernement et c’est aussi un élément qui permet d’avoir tout le monde aligné avec un seul plan, un seul budget, un seul rapport, un seul outil de mesure et d’évaluation.

Pourquoi encourageriez-vous les pays donateurs à investir dans le GFF ?

Le plus important au niveau des donneurs, c’est de dire dans tout ce qu’ils veulent investir qu’il faut contribuer à améliorer la santé des populations. Il est vraiment temps de sortir de la fragmentation. Donc, si on veut bien utiliser les ressources disponibles et bien, il faut que tout cela soit aligné pour justement créer plus de synergie, créer plus d’efficience dans ce qu’on fait. Donc, l’argent qu’on donne doit avoir un plus grand impact, plus de résultat. Je crois que le GFF est un bon canal, un bon moyen pour y arriver.

Qu’est-ce que le GFF peut offrir aux pays qui actuellement n’en font pas partie ?

Les pays qui ne sont pas encore sur le champ GFF doivent être justement confrontés à des problèmes de fragmentation des ressources et des acteurs. Si l’on veut réaligner tout le monde et augmenter l’efficience, il faut vraiment et définitivement essayer de se mettre dans un cadre d’investissement global comme le GFF.

Souhaitez-vous ajouter autre chose ?

J’aimerais ajouter que, selon moi, le GFF est la première marche vers la couverture sanitaire universelle. Et bien entendu, les catégories de la population qui en bénéficieront le plus sont les mères, les enfants et les adolescents.