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Myanmar : mettre l’innovation du secteur privé au service du renforcement des soins de santé primaires dans le contexte de la pandémie de COVID-19

Les réformes politiques et économiques menées au Myanmar ces dix dernières années ont contribué à favoriser les possibilités d’investissements publics et privés dans la santé, et à progresser vers une couverture de santé universelle. Bien que des améliorations aient été enregistrées dans certains secteurs, le pays demeure confronté à des défis considérables. Les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable sont limités par les conflits dans les zones frontalières et les défis des systèmes de santé tels que le financement de la santé, les ressources humaines, les infrastructures de santé et la faiblesse des systèmes d'information sanitaire. Les maladies transmissibles continuent d’être l’une des principale cause de la mortalité maternelle et infantile. Selon l'indice du capital humain de 2018, un enfant né au Myanmar aujourd'hui devrait s'attendre à être deux fois moins productif à l'âge adulte que ceux qui ont bénéficié d'une éducation complète, d'une bonne santé et d'une bonne nutrition pendant leur enfance.

Ces difficultés ont, en outre, été aggravées par la pandémie de COVID-19 qui menace de perturber la prestation de services essentiels dans son ensemble, et notamment les accouchements, vaccinations et services de planification familiale en établissement de santé, exposant de ce fait à des risques accrus la santé des populations les plus vulnérables : les femmes, enfants et adolescents désavantagés. Des estimations indiquent que des perturbations majeures dans la prestation de services au Myanmar pourraient priver 669 200 enfants d’antibiotiques oraux pour le traitement de la pneumonie, 1 092 500 enfants de vaccins contre le DTP, 87 300 femmes d’accès à un accouchement en établissement et 1 692 600 femmes supplémentaires d’un accès à des services de planification familiale. Sans solution à cette situation, les taux de mortalité maternelle et infantile pourraient, de ce fait, tous deux augmenter de 22 pour cent au cours de l’année à venir.

Il est absolument prioritaire pour le Myanmar de renforcer ses systèmes de soins de santé primaires afin d’assurer les services sanitaires pendant toute la durée de la pandémie, ainsi que de tirer profit du savoir-faire du secteur privé pour la prestation de services de qualité. Le Mécanisme de financement mondial (GFF) investit, en étroite collaboration avec le gouvernement, dans des stratégies efficaces visant à aider le pays à s’appuyer sur le secteur privé pour améliorer la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile de manière équitable.

« Le renforcement des partenariats avec le secteur privé permettra au Myanmar d’assurer la prestation de services de santé primaires de qualité aux populations les plus vulnérables, ce qui est absolument essentiel pendant la pandémie actuelle de COVID-19 », déclarait Sneha Kanneganti, Responsable Secteur privé au GFF. « En puisant dans le savoir-faire et les ressources du secteur privé, le gouvernement peut tirer pleinement profit des innovations technologiques, en vue d’améliorer la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents dans les régions les plus fragilisées. »

Par le biais d’une subvention de 10 millions de dollars US rattachée à un projet plus conséquent dont la Banque mondiale a récemment validé le financement – le Myanmar Essential Health Services Access Project (EHSAP) –, le GFF contribuera à la mise en place de partenariats avec des entreprises privées du secteur des télécommunications. Ces partenariats auront pour objet la mise à l’échelle d’innovations permettant d’atteindre les femmes et les enfants de zones éloignées ou touchées par des conflits, ainsi que celles et ceux confrontés à des obstacles culturels, géographiques et financiers. En s’appuyant sur le récent élargissement de la couverture mobile à l’ensemble du pays et aux différents groupes de revenu, ce soutien contribuera au déploiement de technologies innovantes de télésensibilisation et de télésanté, dans le cadre du projet de la Banque mondiale, afin d’élargir l’accès à des services de qualité pour les femmes enceintes et les enfants. La composante « innovation » sera cofinancée par l’IDA et le Fonds fiduciaire du GFF, avec le soutien de contributions de bailleurs de fonds du secteur privé de ce dernier, soit MSD for Mothers* et la Fondation Rockefeller.

«Nous devons nous assurer de répondre à COVID-19 de manière à tirer parti de la capacité de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé, à mettre en place des systèmes de santé solides, résilients et réactifs qui prennent en compte l'expérience vécue par toutes les femmes pendant la grossesse et l'accouchement », a stipulé le Dr Mary-Ann Etiebet, Responsable et Directrice exécutive de MSD for Mothers.

Avec COVID-19 qui souligne l'urgence de systèmes de santé résilients, le GFF et la Banque mondiale financent la préparation et la réponse aux pandémies par le renforcement des systèmes de santé à moyen terme. Le soutien du GFF comprendra l'intégration d'innovations technologiques pour renforcer les capacités et les performances des agents de santé dans les établissements publics, ainsi que des prestataires de santé ethniques qui jouent un rôle déterminant dans la prestation de services essentiels dans les zones touchées par le conflit. Le GFF fournit également une assistance technique et un financement pour le dialogue public-privé et les évaluations sanitaires du secteur privé afin d'identifier d'autres possibilités de partenariats public-privé.

L’EHSAP représente un financement supplémentaire de la Banque mondiale dans la continuité de son soutien au Ministère de la Santé et des Sports (MdSS) pour l’amélioration de l’accès aux services de santé essentiels de qualité, en mettant l’accent sur la santé maternelle, néonatale et infantile. Il visera à bâtir une infrastructure de soins de santé primaires dans certains des secteurs les plus désavantagés socioéconomiquement afin de les rendre totalement opérationnels en matière de prestation de services essentiels. L’aide contribuera également à la mise à l’échelle d’activités visant à renforcer le système de santé, la préparation et la réponse aux pandémies notamment, qui soutiendra l’inclusion de la prestation de services de santé pour tous au Myanmar. La subvention du GFF servira de catalyseur en focalisant et augmentant les ressources nationales et les alignant sur le financement de l’IDA, les financements extérieurs et les ressources du secteur privé – agissant comme soutien à une approche complète et intégrée du financement de la santé.

Le Myanmar a rejoint le GFF en 2016. Le partenariat avec le GFF soutient également le MdSS par le biais de stratégies et outils de renforcement de son efficacité budgétaire, de déblocage de ressources pour la santé et d’augmentation de l’exécution budgétaire.


* MSD for Mothers est une initiative de Merck & Co., Inc., Kenilworth, NJ, U.S.A.