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L’action, et non la réflexion: un appel à la communauté mondiale pour lutter contre la pneumonie infantile

La pneumonie fait plus de 800 000 morts par an, ce qui représente 15% de tous les décès d'enfants de moins de 5 ans. Pourtant, elle reste un tueur d'enfants négligé. Elle peut être traitée avec des antibiotiques, mais seulement un tiers des enfants atteints de pneumonie reçoivent les antibiotiques dont ils ont besoin.

La première conférence mondiale sur la pneumonie infantile, qui a eu lieu du 29 au 31 janvier 2020 à Barcelone, en Espagne, a réuni la communauté mondiale pour discuter des voies pratiques que les gouvernements et leurs partenaires peuvent suivre pour réaliser l'Objectif de Développement Durable sur la survie et les progrès de l'enfant et cela, dans le cadre du Plan d'Action Mondial pour la Pneumonie et la Diarrhée (GAPPD) ; l’objectif étant de trois décès par pneumonie infantile pour 1000 naissances vivantes d'ici à 2025.

La réalisation de ces objectifs ambitieux nécessitera un fort accent placé sur le renforcement des systèmes de santé et un accès équitable aux soins de santé primaires et la qualité des services, des investissements pour améliorer la nutrition des enfants, la couverture vaccinale, l'eau et l'assainissement, l'air pur, ainsi que la mobilisation des ressources nationales et privées pour financer ces interventions. En Afghanistan, le traitement de la pneumonie fait partie d'un ensemble de services de santé de base appuyé par un projet cofinancé par la Banque mondiale et le Mécanisme de financement mondial (GFF).

Le leadership des pays joue également un rôle essentiel dans la conduite des progrès aux niveaux national, infranational et local. Treize des 16 premiers pays appuyés par le GFF - ceux qui ont le plus avancé dans le processus du GFF - priorisent la lutte contre la pneumonie dans leurs plans nationaux de santé ou suivent au moins un indicateur lié à la pneumonie.

Par exemple, en République démocratique du Congo, le gouvernement travaille avec le GFF et la Banque mondiale pour améliorer les connaissances concernant le diagnostic et le traitement des enfants présentant une possible infection respiratoire aiguë/pneumonie et cela, grâce à des plateformes de financement basées sur les performances. Ces plateformes incitent les prestataires de soins de santé et les formations sanitaires à atteindre des critères de performance spécifiques, y compris des mesures qui favorisent la qualité des soins. Les antibiotiques pédiatriques sont inclus dans une liste de médicaments essentiels achetés via ces plateformes et une liste de contrôle de la qualité vise à garantir que le diagnostic et le traitement de la pneumonie sont conformes au protocole.

Un autre pilier du succès est l'alignement et l'adhésion de tous les partenaires. L'année dernière, le Plan d'Action Mondial (GAP) pour des Vies Saines et le Bien-être pour Tous a réuni 12 agences multilatérales de santé, de développement et humanitaires, qui, en le ratifiant, se sont engagées à mieux appuyer les pays pour accélérer les progrès vers les Objectifs de  Développement Durable liés à la santé, notamment la réduction des décès d'enfants évitables dus à la pneumonie. Le GAP rassemble les partenaires de manière coordonnée derrière les stratégies et plans nationaux, puis passe des paroles aux actes pour aider à catalyser l'accélération des progrès des réformes et du développement. En tant que l'une des agences signataires du GAP, le modèle du GFF peut fournir une plateforme pour opérationnaliser de nombreux engagements du GAP en encourageant tous les partenaires à aligner les programmes et le financement de la santé autour des priorités nationales.

Le Forum Mondial sur la Pneumonie Infantile n'était pas un forum de réflexion, mais plutôt un appel à l'action pour proposer des mesures concrètes. Le renforcement des systèmes de santé, la collaboration intersectorielle et l'alignement des efforts de financement peuvent aider les pays à garantir que les enfants ont accès aux soins et aux actions nécessaires pour les protéger contre les maladies et la mort par pneumonie.

Leslie Elder

Leslie Elder est une Spécialiste Principale de la Nutrition avec plus de 25 ans d'expérience en santé publique internationale, se concentrant sur les pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant et la nutrition maternelle et adolescente, en plus des questions plus larges de la maternité sans risque et de la santé maternelle, néonatale et infantile. Avant de rejoindre la Banque mondiale en 2009, Leslie était Directrice Principale de Newborn Health et Directrice Adjointe et par Intérim du programme Saving Newborn Lives financé par la Fondation Bill & Melinda Gates à Save the Children/US. Elle a une expérience professionnelle supplémentaire dans l’appui de projets de nutrition et de santé financés par l'USAID et, mis en œuvre par le biais de l'Academy for Educational Development et de John Snow, Incorporated, ainsi qu’au cours de précédentes missions ponctuelles à la Banque mondiale. Elle a obtenu son MPH à l'École de Santé Publique Bloomberg de l'Université Johns Hopkins et détient un BSN de l'Université de Pennsylvanie.