Kenya

En tant que pays de la première vague du GFF, le gouvernement du Kenya saisit les opportunités offertes par le GFF  pour accélérer la réalisation de résultats en matière de santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent(e) (SRMNEA) et cela, dans le cadre de son processus récent de décentralisation. Le gouvernement du Kenya cherche également à  garantir des investissements durables au profit d’une expansion à grande échelle des services de SRMNEA.

Contact Gouvernement

Dr. Jackson Kioko

Director of Medical Services

@MOH_Kenya

État des lieux

Depuis 2008, les efforts engagés par le gouvernement du Kenya en matière de SRMNEA ont abouti à des améliorations de la plupart des indicateurs : la proportion d’accouchements en présence d’un personnel qualifié a augmenté de  62 à 44 pour cent  et, en 2014, la mortalité des enfants de moins de cinq ans est tombée de 74 à 52 décès pour 1 000 naissances vivantes. Ces progrès masquent toutefois des disparités géographiques et économiques, ainsi que des difficultés persistantes : dans le comté de Turkana, par exemple, 22,8 pour cent  des femmes accouchent avec un agent de santé qualifié, contre 89 pour cent à Nairobi (EDS, 2014). 

Plateforme nationale

La plateforme de coordination mise en place par le gouvernement du Kenya associe une grande variété de parties prenantes : représentants des autorités nationales et locales, organisations confessionnelles et de la société civile, associations professionnelles, entreprises privées (à but lucratif et non lucratif), partenaires de développement et bailleurs de fonds. Tous ces acteurs participent à l’élaboration du Dossier d’Investissement et de la stratégie de financement de la santé. 

Dossier d’investissement

En s’appuyant sur un large processus consultatif  réunissant l’ensemble des représentants cités précédemment, le gouvernement du Kenya a développé un Cadre d’Investissement national pour la SRMNEA destiné à accroître les ressources et à regrouper l’ensemble des parties prenantes autour d’investissements prioritaires axés sur les résultats.

Le Cadre d’Investissement national pour la SRMNEA prévoit des mesures innovantes d’incitation à la performance  du côté de l’offre, afin de remédier aux goulots d’étranglement qui touchent les ressources humaines, la gestion des produits médicaux de base et les systèmes d’information pour la gestion de la santé. Il propose également d’instaurer un système de bons et de transferts monétaires conditionnels pour lever les barrières socioculturelles et géographiques qui limitent le recours aux services de santé. Il envisage également  de mettre l’accent sur des interventions multisectorielles, destinées entre autres à améliorer les systèmes d’enregistrement et des statistiques de l’état civil pour améliorer l’enregistrement des naissances et des décès. Dans le but de remédier aux inégalités d’accès aux soins et d’accroître la couverture des services de santé,  le  Cadre d’Investissement national pour la SRMNEA investit de manière prioritaire dans  20 comtés sélectionnés en raison de leurs faibles taux de couverture, de la large proportion de leurs habitants étant mal-desservie et du degré de marginalisation de leur population. Le Cadre d’Investissement pour la SRMNEA s’alignera intégralement au processus de décentralisation du système de santé du Kenya, afin de guider le développement de plans de travail annuels pour les comtés. Ces plans de travail se reposeront sur des preuves, seront priorisés et fourniront  des solutions adaptées aux réalités locales. 

Plusieurs partenaires, parmi lesquels l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), la Banque Mondiale, le Département Britannique du Développement International (DfiD), et le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF), apportent une aide technique afin de faciliter la mise en œuvre des processus du GFF. Cela inclut fournir un appui aux comtés dans l’élaboration de leurs plans d’action chiffrés.

Les gouvernements du Danemark, des États-Unis, du  Japon et du Royaume-Uni se sont engagés à fournir un financement complémentaire pour la mise en œuvre du Cadre d’Investissement national pour la SRMNEA ; ces ressources complémentaires viennent s’ajouter à celles de la Banque Mondiale avec des financements de l’Association Internationale de Développement (IDA) et du Fonds Fiduciaire du GFF. 

Stratégie de financement de la santé

Le gouvernement du Kenya élabore également une stratégie de financement de la santé pour garantir un financement durable et, atteindre les objectifs qu’il s’est fixés à l’horizon 2030. Ce processus en est à ses prémices et prévoit, dans un avenir proche, une consultation des parties prenantes. Les premières réflexions mettent en avant la nécessité de renforcer les capacités de mobilisation des ressources nationales (y compris en exploitant le potentiel du secteur informel) ; de réduire la fragmentation ; et, de mettre en place des accords d’approvisionnement stratégiques. La stratégie de financement de la santé complétera le Cadre d’Investissement national pour la SRMNEA et s’attachera à mobiliser les ressources qui permettront de faire en sorte que tous les Kényans bénéficient d’un accès efficient, équitable et  abordable aux soins de santé essentiels.