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Empêchons la COVID-19 de faire reculer les progrès en matière de santé des femmes et des enfants

This article was originally published 03/22/2021 by Telegraph

Un an après le début de la pandémie, les femmes et les enfants sont toujours en première ligne dans la bataille contre les impacts secondaires de la COVID-19, et les enjeux n'ont jamais été aussi élevés. Les impacts du virus amplifient et exposent des vulnérabilités et des inégalités dangereuses dans les nations les plus pauvres du monde.

En perturbant l'accès aux services de santé de base et en détournant les ressources, la pandémie a sapé les perspectives de millions de personnes et mis en péril des décennies de progrès en matière de développement.

Depuis le début de la pandémie, le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF) estime que l'accès aux interventions sanitaires vitales pour les femmes, les enfants et les adolescents dans 36 des pays les plus pauvres du monde a connu une chute de près de
25 %. Cela équivaut à 82 millions d'enfants qui ne reçoivent pas de réhydratation orale, à 4 millions de femmes qui n'ont pas accès aux soins pendant l'accouchement et à 17 millions d'enfants qui ne sont pas vaccinés.

Il s’agit d’un retournement de situation alarmant. Avant que la pandémie ne frappe, de nombreux pays réalisaient des progrès remarquables. La mortalité maternelle en Asie du Sud, par exemple, avait chuté de près de 60 %, et les décès d'enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne avaient diminué de près de la moitié.

Au-delà des gros titres sur la pandémie qui se concentrent exclusivement sur la propagation du virus, la crise secondaire pour les femmes, les enfants et les adolescents continuera de s'aggraver si aucune mesure urgente n'est prise. Les menaces comprennent non seulement l'interruption des services vitaux, mais aussi une augmentation spectaculaire de la violence basée sur le genre, des fermetures prolongées d'écoles, des pertes d'emplois et une demande accrue de soins non rémunérés de la part des femmes, les groupes les plus marginalisés et les plus vulnérables étant les plus durement touchés.

Pour inverser la tendance, une injection substantielle de financements est nécessaire pour protéger les services et empêcher que des années de progrès ne s'effilochent tout simplement.

Le GFF, un partenariat hébergé par la Banque mondiale, lancé il y a cinq ans par des leaders mondiaux pour augmenter les investissements en faveur de la santé des femmes, des enfants et des adolescents, mène une campagne de levée de fonds pour relever ce défi. Cette initiative pourrait contribuer à sauver 18 millions de vies d'ici à 2030.

Elle permettra d’acheminer l'argent là où cela est nécessaire, en première ligne, et de combler les lacunes en matière d'équité, afin que les femmes et les filles qui sont souvent laissées pour compte puissent être valablement considérées. Avec les pays à la tête des opérations, l'approche catalytique du GFF utilise des subventions en tandem avec la Banque mondiale pour rassembler des ressources supplémentaires et orienter les financements vers ceux qui accusent le plus de retard.

Cela ne permet pas seulement de sauver des vies. En améliorant les systèmes de santé, cela améliore également la productivité de la prochaine génération. Le fait d’investir maintenant et de cibler le soutien aux femmes et aux jeunes filles, améliorera le capital humain des pays – l'épine dorsale d'une reprise résiliente.

L'objectif est de lever 2,5 milliards de dollars américains au total, dont 1,2 milliard en financements pré-approvisionnés cette année, la majorité de ces financements étant destinée à garantir les services de santé essentiels. Grâce à l'Accélérateur-Act, les financements aideront également les pays à se préparer à la fourniture rapide, équitable et sûre de vaccins et d'outils à grande échelle, et ce tout en assurant la continuité de ces services essentiels.

Le GFF apportera son soutien aux pays afin d'accroître les capacités du personnel de santé communautaire, d’intensifier les innovations numériques dans la prestation de services et de mettre à l’échelle les programmes de transfert monétaire. Les projets appuyés par le GFF aideront également les pays à renforcer leurs capacités, leurs infrastructures et leurs financements afin d’améliorer leur aptitude à répondre aux futures pandémies et à s’y préparer.

Cet investissement rapportera des dividendes considérables. D'ici 2030, il devrait permettre de réduire de plus d'un tiers le nombre de décès de nouveau-nés et d'enfants de moins de cinq ans, soit environ 13,5 millions de vies, d'éviter au moins 3,5 millions de mortinaissances et de réduire la mortalité maternelle de près d'un tiers, soit plus d'un million de vies.

Les cinq prochaines années seront une période critique pour contrer les impacts secondaires de la pandémie sur la santé et l'économie, qui ont laissé les systèmes de santé et les agents de santé débordés, les chaînes d'approvisionnement engorgées et de nombreuses familles incapables de payer les soins de santé essentiels.

Au-delà de la course immédiate pour contrôler la pandémie, il est essentiel que les besoins de santé quotidiens des femmes, des enfants et des adolescents de la société ne soient pas négligés. Investir maintenant permettra de sauver des vies, de limiter les dommages collatéraux et de mettre les pays en position de relancer les progrès et de garantir que toutes les femmes et tous les enfants puissent survivre et prospérer.

Monique Vledder

Monique Vledder est la cheffe du Secrétariat du GFF pour le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF)