Cameroun

En tant que pays de la deuxième vague du GFF, le gouvernement du Cameroun saisit les opportunités offertes par le GFF pour relancer son programme national pour la santé des mères, des enfants et des adolescent(e)s et améliorer la coordination dans le secteur de la santé.

Government Contact

Dr. Martina Lukong Baye

Coordinator of the National Program for Reduction of Maternal Newborn and Child Mortality

État des lieux

Les dépenses de santé par habitant au Cameroun sont relativement élevées par rapport aux autres pays d’Afrique subsaharienne. Cependant, ce pays n’a enregistré que de faibles améliorations sur le plan de la santé maternelle et infantile depuis 1990 : la mortalité infantile est passée de 84 à 64 décès pour 1 000 naissances vivantes ; la mortalité des enfants de moins de cinq ans est passée de 135 à 95 décès pour 1 000 naissances vivantes (UNICEF, 2012) ; et la mortalité maternelle a été réduite de 720 à 590 décès pour 100 000 naissances vivantes (Countdown, 2015).

Au Cameroun, les patients portent la majorité du fardeau des dépenses de santé (plus de la moitié), ce qui accentue les disparités économiques et entrave une progression équitable et durable en matière de santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent(e) (SRMNEA). Par exemple, en 2012, seulement 19 pour cent des femmes appartenant au quintile le plus pauvre ont accouché en présence d’un personnel qualifié contre 97 pour cent des femmes dans le quintile le plus riche (UNICEF, 2012). La concentration géographique des Camerounais pauvres dans les régions du Nord et de l’Extrême Nord aggrave encore plus ces inégalités (Banque Mondiale, 2015).

Plateforme nationale

Au Cameroun, le comité chargé de la stratégie du secteur de la santé sert de plateforme nationale pour le GFF. Les deux groupes de travail technique se consacrent à l’élaboration du Dossier d’Investissement et à la mise au point de la stratégie de financement de la santé. En outre, le Cameroun a adopté à une approche très inclusive qui, dès le lancement du processus du GFF, a attiré 200 représentants d’organisations de la société civile, du secteur public et du secteur privé ainsi que des partenaires de développement.

Dossier d’Investissement

En fonction de données probantes, le Dossier d’Investissement s’attache à identifier les domaines dans lesquels les progrès sont insuffisants ainsi que les obstacles qui freinent l’amélioration des résultats en matière de SRMNEA. Il se concentre sur plusieurs grands domaines, notamment sur la santé et la nutrition de la mère, du nouveau-né et de l’adolescent(e), ainsi que sur les quatre régions qui affichent les plus mauvais indicateurs de SRMNEA (c.-à-d. trois régions au Nord et à l’Est). Le Dossier d’Investissement vise à remédier aux problèmes transversaux du système de santé et à améliorer la qualité des soins, les chaînes d’approvisionnement en médicaments et fournitures médicales, ainsi que les systèmes d’informations sanitaires, y compris les systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil. Il comportera également des interventions innovantes à fort impact, comme (1) un contrat d’impact de développement afin d’attirer des financements privés et accroître les ressources disponibles pour une expansion de la méthode de la « mère kangourou » ; (2) des transferts monétaires en faveur des adolescentes ; (3) des financements basés sur les résultats pour favoriser l’accès des filles à l’éducation ; et (4) des initiatives de renforcement des structures de santé communautaire.

Tous les principaux bailleurs de fonds qui contribuent au programme national de développement des services de SRMNEA ont été associés à l’élaboration du dossier d’Investissement. Les engagements de financement, y compris ceux provenant de l’État camerounais, interviendront à l’issue des travaux techniques portant sur le Dossier d’Investissement. Nombre des principaux bailleurs de fonds du Cameroun se sont engagés à ajuster leurs financements – ou envisagent sérieusement de le faire – afin  d’appuyer le Dossier d’Investissement du Cameroun. Ces bailleurs incluent Gavi, l’Alliance pour la Vaccination, Gavi ; le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme ; le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) ; le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), la Banque Mondiale, avec les ressources de l’Association Internationale de Développement (IDA) et du Fonds Fiduciaire du GFF ; ainsi que la France et l’Allemagne. Dans cette optique, un exercice de localisation des ressources est actuellement en cours avec le soutien du RMNCH Trust Fund.

Stratégie de financement de la santé

Les autorités camerounaises présideront également à l’élaboration d’une stratégie de financement de la santé. Étant donné que ce pays ne disposait pas auparavant de ce type de stratégie, il faut commencer par procéder à des travaux d’analyse qui permettront d’étayer ce processus avec des données probantes.