Bangladesh

Le Bangladesh, qui compte 160 millions d’habitants et affiche un revenu par habitant de 1 480 dollars (2017), a atteint certaines des cibles des objectifs du Millénaire pour le développement concernant la santé, la nutrition et la population. Si les taux de mortalité maternelle et infantile et les taux de fécondité ont continué à décroître au cours des dix dernières années, les progrès réalisés au titre de la dénutrition infantile sont plus lents.

Government Contact

Dr. Abdul Ehsan Md. Mohiuddin Osmani

Joint Chief, Planning Division, Ministry of Health and Family Welfare

@GovtBangladesh

CONTEXTE DU PAYS

Le Bangladesh, qui compte 160 millions d’habitants et affiche un revenu par habitant de 1 480 dollars (2017), a atteint certaines des cibles des objectifs du Millénaire pour le développement concernant la santé, la nutrition et la population. Si les taux de mortalité maternelle et infantile et les taux de fécondité ont continué à décroître au cours des dix dernières années, les progrès réalisés au titre de la dénutrition infantile sont plus lents. Le Bangladesh a donc décidé de privilégier les interventions visant la malnutrition et la mortalité maternelle, néonatale et des moins de 5 ans pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) et accélérer le rythme des progrès en direction d’une couverture sanitaire universelle.

Les déficits de financement, les problèmes de gouvernance et les lacunes des systèmes de gestion continuent néanmoins de faire obstacle à une utilisation judicieuse des dépenses de plus en plus importantes réalisées pour atteindre ces objectifs de santé. Le Bangladesh, qui est parvenu à élargir notablement la couverture sanitaire et à améliorer les résultats dans le domaine de la santé, vise de surcroît en priorité à renforcer les progrès accomplis — au niveau de la couverture vaccinale par exemple — en améliorant la qualité des soins et en réduisant les inégalités socioéconomiques et géographiques persistantes. La santé urbaine, le changement climatique et la santé de l’adolescent comptent également parmi les objectifs à atteindre en priorité pour placer le pays sur la voie d’un système de soins de santé universel.

PRIORITÉS

Le Mécanisme de financement mondial (GFF) soutient les efforts déployés par le Bangladesh en orientant son appui technique et financier sur les efforts menés pour relever ces défis, et en mettant l’accent sur l’amélioration des résultats de la santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de la nutrition (SRMNEA-N). Le GFF renforce l’impact de mesures de financement internationales coordonnées portant sur plus d’un milliard de dollars et influence l’affectation de dépenses publiques intérieures de 30 milliards de dollars dans le cadre de programmes publics menés dans le secteur de la santé, de la nutrition et de la population et dans celui de l’éducation sur une période de cinq ans. Il concevra et mettra en œuvre des services de santé scolaires dans le but d’améliorer la santé de l’adolescent. Il offrira aussi un appui technique à la formulation d'une politique de financement de la santé, de stratégies et d’interventions axées sur la santé de l’adolescent, les registres et statistiques de l’état civil, l’équité, la santé des populations tribales et des peuples des collines et les effets du changement climatique sur la santé, pour renforcer l’efficience et l’impact des programmes publics menés dans les deux secteurs.

FINANCEMENT DE LA SANTÉ

La part des dépenses publiques affectées à la santé est toujours très faible au Bangladesh, puisqu’ elle demeure inférieure à 1 % du produit intérieur brut bien que le montant de ces dépenses soit passé de 6 dollars à 14 dollars par habitant entre 2008 et 2017. Ce niveau de dépenses de santé est inférieur aux normes internationales observées pour les pays émergents à revenu intermédiaire et montre qu’il est nécessaire d’augmenter les investissements pour accroître la couverture et la qualité des services de santé.

Le GFF soutient l’apport d’améliorations à la planification et aux affectations budgétaires, ainsi que l’accroissement de l’efficience des dépenses grâce au développement de systèmes, notamment pour la gestion financière, la passation des marchés et la gestion des ressources humaines. Il s’emploie à resserrer le dialogue entre le ministère de la Santé et du Bien-être familial et le ministère des Finances et de l’Économie et d’autres parties prenantes, en réunissant des faits et en encourageant les interactions aux fins de l’élaboration de la politique de financement de la santé. Le GFF améliore la base de connaissances nécessaire à la mise en œuvre de la Stratégie de financement des soins de santé pour 2012-32, notamment grâce à l’analyse de la protection financière et de l’équité dans le domaine de la santé, à un diagnostic des goulets d’étranglement au niveau de la gestion des finances publiques, à la collaboration avec le secteur privé et à la tenue de discussions sur la mobilisation de ressources intérieures.

FINANCEMENT COMPLÉMENTAIRE

L’État et ses partenaires poursuivent une approche de portée sectorielle (Sectorwide Approach — SWAP) qui donne lieu à l’établissement d’une série de stratégies, de programmes et de budgets pluriannuels pour assurer la gestion et le développement du secteur, avec l’appui de financements intérieurs et internationaux. Les autorités nationales ont élaboré leur quatrième programme sectoriel pour la santé, la nutrition et la population, en collaboration avec les partenaires de développement, des organisations non gouvernementales, la société civile et d’autres parties prenantes. Le programme doit coûter 14,7 milliards de dollars pour la période allant de janvier 2017 à juin 2022. Il est actuellement mis en œuvre pour garantir aux citoyens un accès équitable à des soins de qualité de manière plus efficiente tout en visant à assurer une couverture sanitaire universelle.

Les objectifs et la stratégie du programme portant sur le secteur de la santé, de la nutrition et de la population sont décrits dans un plan d'investissement stratégique concrétisé par un plan de mise en œuvre du programme approuvé en mars 2017 par le Comité exécutif du Conseil économique national présidé par le Premier ministre. Le plan de mise en œuvre du programme est décrit de manière détaillée dans 29 plans opérationnels ; chacun de ces plans couvre un domaine technique particulier et indique les activités, les budgets et les résultats des indicateurs intermédiaires nécessaires à la réalisation des objectifs du programme sectoriel.

Afin d’atteindre ce résultat, les autorités doivent renforcer leur système de gouvernance de la santé ainsi que les capacités de gestion et de prestation de services, appuyer la mise en œuvre d’un ensemble de services essentiels et privilégier les régions affichant des retards comme les divisions du Sylhet et de Chittagong.

FINANCEMENTS DU FONDS FIDUCIAIRE ET DE L’IDA

Le Projet d’appui au secteur de la santé — qui bénéficie d'un financement de 15 millions de dollars du GFF, de 500 millions de l’IDA, de 13 millions des Pays-Bas, de 23 millions de la Suède, de 60 millions du Royaume-Uni et d’une proposition de cofinancements d’autres partenaires — contribue au quatrième programme du secteur de la santé, de la nutrition et de la population du Bangladesh grâce à une stratégie basée sur les résultats. Il appuie le renforcement de la gouvernance du système de santé, des capacités de gestion et de prestation de services, la mise en œuvre d’un ensemble de services essentiels, qui couvrent des services essentiels de SRMNEA-N, et le ciblage des régions qui affichent les moins bons résultats, en particulier les divisions de Sylhet et de Chittagong.

Malgré les très faibles dépenses consacrées à la santé, plusieurs facteurs ont contribué à l’amélioration des résultats de la santé, de la nutrition et de la population dans le pays. L’éducation des filles et la participation des femmes au marché du travail ont habilité celles-ci, notamment, à repousser l’âge du mariage, à réduire leur fécondité, et à avoir une plus grande voix au chapitre en ce qui concerne leur santé et leur nutrition, ainsi que celles de leurs enfants. L’attention portée à la santé de l’adolescent demeure toutefois insuffisante et la rétention des filles dans le secondaire reste difficile. Le Programme de transformation de l’enseignement secondaire pour obtenir des résultats bénéficie de financements de 10 millions de dollars du GFF, de 510 millions de l’Association internationale de développement (IDA) ainsi que d’un financement complémentaire de 225 millions de la Banque asiatique de développement.

MISE EN OEUVRE/RÉSULTATS

Le Bangladesh a aligné les ressources intérieures et les financements publics internationaux conformément à la SWAP pour soutenir le quatrième programme sectoriel pour la santé, la nutrition et la population qui englobe les activités et les budgets requis pour atteindre les résultats de SRMNEA-N soutenus par le GFF dans le cadre du Projet d’appui au secteur de la santé. Le programme a atteint les premières cibles établies grâce à l’exécution de plans et de budgets axés sur l’amélioration des services de SRMNEA-N, la mise en œuvre de systèmes de gestion d’actifs et de passation des marchés en ligne pour accroître l’efficacité des financements publics, la finalisation de l’évaluation des besoins, la planification, l’amélioration des normes techniques et des services de planification familiale postnatale, de soins obstétriques d’urgence, de vaccination, et d’interventions de nutrition maternelle et infantile, et l’élargissement de la couverture des services dans les divisions de Sylhet et de Chittagong.

Le GFF favorise en outre la coopération entre le secteur de la santé, de la nutrition et de la population et celui de l’éducation en vue de l’élaboration de stratégies et d’interventions techniques ayant pour objet d’optimiser le recours aux établissements secondaires pour améliorer les services et les résultats de santé de l’adolescent. Le ministère de l’Éducation et le ministère de la Santé et du Bien-être familial ont formé, avec le soutien du GFF, un groupe de travail conjoint chargé de formuler un programme pour les élèves adolescents ayant pour objet d’inciter les filles vulnérables à continuer leurs études, d’investir dans la construction de toilettes séparées pour les filles, de promouvoir la promotion de l’hygiène menstruelle et l’établissement d’installations à cette fin, d’intégrer la santé de l’adolescent dans les programmes scolaires, de former les enseignants, de fournir des conseils aux filles et garçons et de les sensibiliser aux questions liées à la violence sexiste. En soutenant ces deux secteurs, le GFF contribuera à la mise en place puis à la transposition à plus grande échelle de ces interventions.